Florilège

Florilège est une page d’extraits de L’étrange mystère de la femme sans tête. Une sorte de bande annonce, en fait. Petits morceaux choisis, triés sur le volet, sélectionnés avec amour, ou tout simplement pris au hasard. L’ordre est rigoureusement aléatoire,  les liens, les photos, les babioles et autres colifichets qui agrémentent le texte ne sont là que pour vous distraire.

Bonne lecture

Ludo

Une écriture proche de la perfection...

– Ce que vous pouvez être machos ! lance Bonnie.
– Quoi ? Moi, macho ?
– Laisse tomber, Stan, c’est des réflexions de gonzesses, ça.
– Cette dame est chef de service en chirurgie dans l’hôpital où je travaille, et cette autre, près des fleurs, est cardiologue. Alors vous… Toi, l’écrivaillon raté qui se répète, et toi, l’acteur au chômage… vous feriez mieux d’en prendre de la graine, au lieu de vous moquer.
– Quoi ? Moi, je me répète ? Moi, je me répète ?

Une aventure rocambolesque

– Attends ! Attends ! Que je comprenne bien. Toi et ton pote, le géant rouquin… Comment il s’appelle déjà ?
– Ron, murmurai-je en baissant la tête.
– Ah oui ! Ron ! Donc, toi et ton ami Ron, vous vous replongez dans vos souvenirs… chez une dame atteinte de la maladie d’Alzheimer… en compagnie d’une amnésique.
– Je…
– Tu me prends pour un con ?

Un livre qui fait du bien

Cette espèce de roman thérapeutique, en somme… Évidemment, je ne pouvais que souscrire. Des mots pour les maux, de la syntaxe et du vocabulaire en lieu et place de tous ces produits chimiques dont les labos nous gavent ; je trouvais ça plutôt sympa. Et puis, se dire que la force de guérir résidait en chacun de nous, plutôt que dans un tas pilules, n’était-ce pas merveilleux ? Inquiétant, certes, mais merveilleux.

Une romance gourmande

La grand-mère de Ron, véritable cordon-bleu, avait préparé l’une de ses spécialités : un sauté de veau accompagné de petites pommes de terre rissolées à la graisse d’oie. Une tuerie. Enfin… surtout pour le veau. En entrée, elle avait composé l’une de ses salades de folie, dont elle seule a le secret : une reine des glaces, je crois, avec des tranches de lard grillées et des noix caramélisées. Ses salades à la Guite… Elle utilise du vinaigre balsamique, une marque spéciale que l’un de ses cousins lui envoie d’Italie. Ensuite, elle arrose le tout avec un filet d’huile de colza grillé ; et c’est ça, surtout, qui fait la différence. Noire ! elle est presque noire cette huile. Un filet, juste un filet. J’en salive, rien que d’y penser. Et cette pointe d’ail qu’elle écrase avec une fourchette… Bon, après, c’est sûr que… faut pas aller au bal. Un petit vin d’Italie par-dessus ça. Valpolicello ou Valpolicella, je ne sais plus, je ne sais pas. Fromage et… ? Et… ? Gâteau au yaourt ! Mais franchement, on ne s’en lasse pas. Café ?… Café.

Une histoire sur la mémoire

Alors là… J’ignore si les générations futures vivront ces instants de doute, mais moi, mes années d’école… d’un point de vue vestimentaire… Je ne sais pas si nos parents nous aimaient.
Je me demande. Le mélange des couleurs… Comment dire ?
Nous détenons la palme.

Photo de la maternelle

De la poésie

Des petits groupes de quatre cinq personnes discutent sur la pelouse. Des serveurs en livrées, costumes noirs et chemises blanches, élastiques et pressés, passent de l’un à l’autre avec de sublimes gestes d’équilibristes, en portant d’étranges plateaux qui brillent au soleil. Des disques d’argent qui tournent et volent entre les tables, si vite que les serveurs, paniqués, doivent courir et slalomer entre les invités pour ne pas les perdre. Lorsque l’un de ces ovnis s’arrête, comme suspendu en l’air, car déjà j’ai oublié l’homme qui le porte… le plateau semble flotter en vol stationnaire. Une élégante marquise en chapeau blanc s’approche… se saisit d’une coupe de champagne… alors le plateau repart, reprenant sa course folle, filant dans la foule qui l’ignore, et de nouveau le voilà qui virevolte, de-ci de-là, plein de mystère et de poésie.

Ce passage m’a coûté une énergie folle, et encore je n’en suis pas content : je viens de le modifier pour la énième fois. Ce passage : le plateau semble flotter en vol stationnaire, ce n’est pas terrible. J’espère que l’image de ces plateaux volants vous aura plu, malgré tout.

Des scènes oniriques

Je vole !… C’est une expérience grisante, irréelle. Je vire, je tourne. Je sens l’air qui m’enivre. Je n’ai pas peur. Les bras écartés, je plonge comme un oiseau fou, au milieu des buildings, puis je remonte tranquillement au-dessus des bâtiments, et je plane doucement, si haut que c’est à peine si je distingue le flot de la circulation qui fourmille des centaines de mètres plus bas. Les voitures, les taxis, les piétons… tout me semble minuscule.

Des voitures de luxe

Maserati 3500 GT

« Sale frimeur ! » devaient se dire les garçons.
« Vieille voiture rouge » devaient penser les filles.
« Tu es vraiment obligé de conduire cet engin ? » avait demandé sa mère, avant qu’il ne parte.

De l'action

Nous venions de traverser la ville à cent à l’heure. Nous avions défoncé la moitié des poubelles du quartier, roulé sur tous les trottoirs, brisé deux vitrines, manqué de peu une vieille et son déambulateur, frôlé deux poussettes, un aveugle et sa canne, trois ados, deux amish et un danseur ; si quelqu’un s’était amusé à suivre ce chemin, de vitres brisées en poubelles renversées, il serait arrivé tout droit sur la Maserati.

Des personnages attachants...

Au rayon des vêtements, perdue au milieu des tissus, il y a une vieille lady qui est… Comment dire ?… Fantomatique ! Elle ne marche pas, elle flotte. Maigre, squelettique même, diaphane, elle flotte comme prise entre deux eaux, tel un spectre. Oh ! mais pas un spectre effrayant, non ! Bien au contraire, c’est pour elle que l’on s’inquiète. Elle paraît si fluette, si fragile… C’est bien simple, chaque fois que je la croise, j’ai peur. Peur qu’elle ne s’écroule, peur qu’elle ne s’envole. Un simple courant d’air serait capable de la renverser. Les robes élimées qui pendent mollement sur les cintres à côté d’elle n’ont guère l’air moins vivantes. Quand on lui demande quelque chose, elle répond tout doucement, du bout des lèvres. 

J’aime tous mes personnages, bien sûr, tous, même Yama, mais j’ai une tendresse particulière pour cette vieille dame, de même que pour Tony la tremble et, d’une manière générale, pour tout ceux qui sont fragiles, cassés, détruits. Amy, notamment. Le prénom d’Amy, cette femme qui se saoule, c’est un hommage à la saoule de la soul.

Back to black

Soldats Qin de l'armée de terre cuite

Très attachants...

Assise, ficelée, avec un sac de toile noire sur la tête, et les mains attachées dans le dos, les chevilles fermement nouées aux pieds de la chaise, elle attend. Elle ne voit rien, alors elle écoute, attentive au moindre bruit. Elle respire mal, elle a froid. De la sueur et des larmes coulent sur son visage. Son souffle est haletant. Lorsqu’elle inspire, elle sent le sac qui vient se coller contre ses lèvres.

Dragon chinois

Un soldat Qin tout droit sorti de l'armée de terre cuite

Il tient un sabre dans la main droite. L’arme est dans son fourreau. Il s’appelle Yama, et il est là pour la tuer.

Une intrigue complexe

Est-ce que cela s’est passé comme ça ? Est-ce que je fabule ? J’invente ? Peut-être. Mais, quelle histoire ! Qui peut bien vouloir kidnapper un cadavre de Chinois chez la Guite ? Le tueur ? un parent ? un ami ? un voisin ? La police, peut-être ? Mais alors, pourquoi ? Pour les besoins de l’enquête ? Ça ne tient pas debout. Les services secrets ? Pff ! Je délire, c’est n’importe quoi !

Une enquête menée de main de maître

Je voyais bien que nous étions plongés malgré nous en plein polar. Nous n’étions que des personnages de comédie, pas du tout préparés à ce genre de situation. Le doute, la méfiance, la suspicion, l’élaboration d’hypothèses et la recherche d’un coupable, toutes ces notions nous étaient étrangères.

Lire encore et encore

Pas facile de choisir un extrait de son livre, pour un auteur. J’espère toutefois que ces quelques graines auront germé, et qu’elles auront suscité votre curiosité. Si vous voulez glaner d’autres passages, n’hésitez pas : cliquez sur la girafe.

Le livre fait 347 pages : demandez-moi 5 pages au hasard, selon votre choix, comme il vous conviendra, et je vous les envoie aussitôt par mail.

Respectez juste ces quatre ou cinq points :

  • Choisissez des pages non consécutives.
  • Ne prenez pas les trois dernières pages.
  • Ne coupez pas les spaghettis.
  • Habillez-vous chaudement.